Prof. Dr. Jean-Chrysostome Kapumba Akenda

Cours & Séminaires

Séminaire sur Ernst Cassirer

Ouvrage : Logique des sciences de la culture, traduction de Jean Carro, Paris, Cerf, 1991
Faculte de Philosophie, Universite Catholique du Congo
 
Cet ouvrage est constitué de cinq études publiées en 1942 et compte parmi les tout derniers ouvrages d'Ernst Cassirer. On peut le considérer comme un véritable testament intellectuel parce qu'il reprend les thèses essentielles de La Philosophie des formes symboliques (1921, 1925, 1929, 1990). L'ouvrage reprend une des questions fondamentales développées par Cassirer ; la question qui porte sur la fondation des sciences de la culture : quelles sont les conditions de possibilité de l'objectivité dans les sciences de la culture ? Si le fait culturel est susceptible d'être abordé sous l'angle de l'explication, son caractère spécifique de phénomène humain exige également une interprétation. Cassirer construit donc une science herméneutique. L'existence et la connaissance culturelles sont cernées au moyen d'une conception globale qui permet d'envisager le problème de l'objectivité des sciences de la culture dans tous ses aspects essentiels.
 
Le but du séminaire est d'initier les étudiants du deuxième cycle aux questions fondamentales dont s'occupe l'épistémologie des sciences de la culture.

Séminaire de Philosophie sociale
(Lic 1-2, Philosophie-UCC) sur Kant

Thème : Examen de la manière dont la philosophie des Lumières a interprété les relations entre les peuples et les cultures au moment où elle a déclenché, dans les traditions occidentales de pensée, la conscience des droits de l'homme.
Auteur : I. Kant
  • Observations sur le sentiment du beau et du sublime (1762), in Œuvres philosophiques, [Bibliothèque de la Pléiade], tome I, Paris, Gallimard, 1980, p. 449-509 ;
  • Métaphysique des mœurs (1797)[Doctrine du droit et Doctrine de la vertu],in Œuvres philosophiques, tome III, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1986, p. 446-699.

Séminaire des questions approfondies d'Epistémologie
(DEA 1&2 PHI) sur Habermas

Auteur : Jürgen Habermas, Logique des sciences sociales et autres essais, traduction de Rainer Rochlitz, Paris, Presses Universitaires de France, 1987.
 
Le séminaire se propose d'analyser les différents articles de Jürgen Habermas qui s'échelonnent sur une quinzaine d'années (1966-1982) et qui sont réunis dans ce volume. Ils peuvent être considérés comme le véritable laboratoire de la Théorie de l'agir communicationnel (1981). Deux d'entre eux proposent une intégration critique de la théorie wittgensteinienne du langage et de l'herméneutique gadamérienne à la méthodologie des sciences sociales, tout en s'inspirant de la psychanalyse freudienne ; les deux études suivantes exposent la conception du langage que Habermas développe notamment à partir d'Austin et de Searle ; le dernier texte, enfin, explicite la théorie habermasienne de l'action et ses implications philosophiques.
 
Dès Logik der Sozialwissenschaften, Habermas oppose son appréhension philosophique de la sociologie aux méthodes positivistes. C'est donc un relais capital dans la genèse d'une pensée dont l'originalité se dégage progressivement, à la fois par rapport à la tradition dialectique, aux reformulations récentes de la philosophie transcendantale, et à Marx Weber et à Parsons, en une confrontation vivante qui est aussi un bilan précieux.
 
Dans sa reconstruction de notre capacité d'agir et de parler, Habermas propose une nouvelle théorie de la raison, qui permet à ses yeux de résister au scepticisme postmoderne tout en critiquant les pathologies de la société moderne, dotant la philosophie du langage et de la société contemporaine d'une conscience critique.
 
Le séminaire a pour but de faire ressortir, à partir de Habermas, la spécificité des méthodologies appropriées aux sciences sociales sans les comparer à celles des sciences de la nature qui ne sont pas nécessairement réductibles aux méthodes positivistes.

Enseignement 2013 - 2014

Faculté de Philosophie St Pierre Canisius sj Kimwenza -
Kinshasa/RD

I. Philosophie analytique G3

La philosophie analytique est une des orientations les plus déterminantes de la philosophie contemporaine qui prend ses origines dans le nominalisme classique et dans la sémantique des mondes possibles de Leibniz. Son histoire contemporaine commence en Allemagne (à Jena) avec Frege vers les années 1789, se précise à Vienne avec le Cercle de Vienne (avec Carnap) et s'étend en Grande-Bretagne et aux USA.
 
On peut distinguer deux moments de la philosophie analytique. Un premier ensemble qui s'étend sur toute la première moitié du 20ème siècle et se réfère au langage sous l'égide de la rigueur logico-scientifique : atomisme logique anglais, le positivisme logique du Cercle de Vienne avec ses prolongements anglais et américains, occupent les positions d'un champ immense. Ce premier moment fait l'objet de la première partie du cours qui examinera la pensée logiciste des auteurs suivants : Frege, Russell, Wittgenstein I, Carnap. Un deuxième ensemble permet de passer d'une analyse qu'on a pu appeler " thérapeutique " à l'analyse du langage ordinaire. La deuxième partie du cours examinera ce deuxième moment en présentant la pensée analytique de Wittgenstein II, de Austin et de Strawson.
 
Pour compléter l'information sur ce courant qui aborde toutes les disciplines philosophiques selon la perspective analytique, il serait nécessaire d'ouvrir un appendice sur la logique des noms propres de Kripke qui critique la théorie des noms propres élaborée par Frege et Russell en proposant la sienne propre qui a suscité beaucoup de débats en philosophie de la logique et en philosophie du langage.
 
Bibliographie : Frege Gottlob, Ecrits logiques et philosophiques, trad.fr. Imbert, Paris, Seuil,1971 ; Russell, Bertrand, Ecrits de logique philosophique, Paris, PUF,1989; Wittgenstein, Ludwig, Tractatus logico-philosophicus suivi des Investigations philosophiques, Paris, Gallimard, 1961; Carnap, Rudolf, Signification et nécessité, Paris, Gallimard, 1997 ; Austin, John, Quand dire, c'est faire, Paris, Seuil, 1970 ; Strawson, Peter F., Etudes de logique et de linguistique, Paris, Seuil, 1977 ; Kripke, Saul, La logique des noms propres, Paris, Minuit, 1982 ; Engel, Pascal (dir.), Précis de philosophie analytique, Paris, PUF, 2000 ; Engel, Pascal, Identité et référence - la théorie des noms propres chez Frege et Kripke, Paris, Presses de l'Ecole Normale supérieure, 1985 ; Jacob, Pierre, L'empirisme logique, Paris, PUF, 1980.
 

II. Leçons sur Morale et Droit chez Kant L1-L2

Les Leçons sur Kant porteront essentiellement sur la façon dont Kant - par rapport aux autres idéalistes allemands (Fichte, Hegel, Schelling) comprend le rapport entre raison pratique, morale, Droit et éthique en tentant d'élaborer une métaphysique du droit. Ce qui est commun à tous les idéalistes allemands est qu'ils ont tous d'abord développé une philosophie spéculative à la fois métaphysique et épistémologique. L'intérêt pour les questions socio-politiques est suscité par la Révolution Française(1789) qu'ils ont transformé en une véritable révolution philosophique ou en une réflexion philosophique sur les bases des mutations socio-politiques dans une société. Le processus de maturation de la philosophie pratique était très pénible pour le phénoménologue de la raison pure. C'est entre 1785 et 1788 que Kant, avec la publication de Fondements de la métaphysique des mœurs (1785) et de la Critique de la raison pratique (1788), tente d'expliquer les bases de sa philosophie pratique et de sa philosophie socio-politique. Il fallait attendre quasi dix ans la parution des textes de sa philosophie socio-politique et de sa philosophie du droit : Sur le lieu commun : il se peut que ce soit juste en théorie, mais en pratique cela ne vaut pointFondements de la métaphysique des mœurs(1795) ; Projet de paix perpétuelle (1795) ; Métaphysique des mœurs (1797). Ce retard montre que la définition des principes de la théorie de la loi des mœurs (Lehre vom Sittengesetz) n'a pas conduit directement à une différenciation des formes de normisation pratique (droit et morale). Le contexte historique a rendu une telle différenciation toujours plus difficile. Le cours examinera d'abord le rapport entre raison pratique, morale, droit et éthique. Il se concentrera ensuite sur le concept de droit et ses principes en faisant une analyse des différents droits que Kant expose dans la première partie de sa Métaphysique des mœurs. Il examinera enfin, dans le contexte africain, la question de la bonne gouvernance des institutions publiques - surtout des institutions de justice - en fonction de la validité universelle des normes juridico-morales.
 
Bibliographie : Kant, Emmanuel, Critique de la raison pure, Paris, PUF, 1975 ; Critique de la raison pratique, Paris, PUF, 1976 ; Fondements de la métaphysique des mœurs, in Œuvres philosophiques, tome II, Paris, Gallimard, 1985, p. 239-337 ; Projet de paix perpétuelle, in Œuvres philosophiques, tome III (1986), p. 327-383 ; Métaphysique des mœurs, in Œuvres philosophiques, tome III, Ière Partie, p. 447-650 ; Rawls, John, Leçons sur l'histoire de la philosophie morale, Paris, Découverte, 2002, 3ème Partie sur Kant, p. 143-318.
 

Université Catholique du Congo (UCC) et Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN)

Questions approfondies d'Epistémologie Master I-II-Philosophie

La théorie d'incorporation en histoire des sciences
 
Le cours porte sur l'histoire des sciences comme lieu d'élucidation de la théorie de l'incorporation ou de l'enveloppement par laquelle l'histoire des sciences se laisse interpréter comme épistémologie structuraliste et comparée.
 
La première partie du cours examine l'histoire des sciences - son objet et ses rapports à la science, à l'histoire et à la philosophie. De cet examen résulte le constat que l'histoire des sciences est épistémologie structuraliste des sciences.
 
La deuxième partie du cours tente de fonder ce structuralisme épistémologico-scientifique en reconstruisant la théorie de l'incorporation dans la philosophie d'Ernst Cassirer - spécialement à partir de son commentaire de la théorie de la relativité d'Albert Einstein.
 
Bibliographie :
  1. Husserl, E., L'origine de la géométrie, trad. Jacques Derrida, Paris, PUF, 1974. Le texte original a été publié par Eugen Fink dans la Revue Internationale de Philosophie, Bruxelles, n°2, 1939, p. 203-225. Il a été repris dans Krisis-Schrift, Husserliana VI, 1954, Beilage III, p. 365-386.
  2. Bachelard, G., Le nouvel esprit scientifique (1934), Paris, PUF, 1991.
  3. Kuhn, S.T., La tension essentielle, Paris, Gallimard, 1990.
  4. Cassirer, E.
    • Philosophie der symbolischen Formen, Band 3 - Phänomenologie der Erkenntnis(1928), Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1977.
    • Substanzbegriff und Funktionsbegriff. Untersuchungen ueber die Grundfragen der Erkenntniskritik (1910), Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1980.
    • Le concept de groupe et la théorie de la perception. In : Journal de Psychologie Normale et Pathologique, n° 35, 1938, p. 368-414.
    • Geist und Leben. Schriften zu den Lebensordnungen von Natur und Kunst, Geschichte und Sprache, édité par Ernst Wolfgang Orth, Leipzig, Reclam Verlag, 1993.
    • Zur Einstein'schen Relativitaetstheorie. Erkenntnistheoretische Betrachtungen, Berlin, Bruno Cassirer Verlag, 1921; trad.fr. et présentation de Jean Seidengart, Paris, Cerf, 2000.

Université Catholique du Congo (UCC)

Questions approfondies de Métaphysique, Master I - II - Philosophie

Les questions fondamentales de la métaphysique dans une perspective interculturelle
 
Contrairement à l'élaboration classique des questions fondamentales de la métaphysique telle qu'elle est faite par Aristote, Saint Thomas d'Aquin, Kant, Hegel, Heidegger, le cours traite une des questions fondamentales de la métaphysique : la question de l'être dans une perspective interculturelle. C'est la raison pour laquelle le cours pourrait aussi porter le titre : La métaphysique ou la philosophie dans la comparaison des cultures (ou des traditions culturelles de pensée). Cette formulation insinue qu'il y a des différences entre les cultures - différences qui ne sont significatives que quand quelqu'un philosophe. Elle signifie aussi le fait que la philosophie comme projet n'existe pas si on absolutise les différences culturelles en les considérant comme incompatibles les unes avec les autres. Il y a, pour la philosophie, des ancrages culturels nécessaires qui rendent possible et sensée une comparaison entre eux si on devait encore philosopher à cette ère de mondialisation.
 
Une telle comparaison a pour but de relever les constantes communes des cultures qui rendent possibles le dialogue et la compréhension interculturels. Elles laissent comprendre que la philosophie authentique, qui a pour objet d'étude ces constantes interculturelles, est toujours déjà transculturelle en tant qu'instance critique des cultures d'identité. La question fondamentale, qui sera examinée, est l'identité de l'être avec la vie en comparant la phénoménologie de la vie de Michel Henry avec la pensée africaine de la vie.
 
Bibliographie :
(1) Henry, Michel, L'Essence de la manifestation, 2 tomes, Paris, PUF, 1963 ; Philosophie et phénoménologie du corps. Essai sur l'ontologie biranienne (1965), Paris, PUF, 1987 ; C'est moi la vérité. Pour une philosophie du christianisme, Paris, Seuil, 1996. (2) Audi, Paul, Michel Henry, Paris, Les Belles Lettres, 2006. (3) Dufour-Kowalska, Michel Henry. Un philosophe de la vie et de la praxis, Paris, Vrin, 1980. (4) Akenda, Kapumba Jean C., Philosophie et problèmes du christianisme africain. Pour une philosophie chrétienne de la vie, Kinshasa, Facultés catholiques de Kinshasa, 2006. (5) Tempels, Placide, La philosophie bantoue, Paris, Présence Africaine, 1949. (6) Kagame, Alexis, La philosophie bantoue comparée, Paris, Présence Africaine, 1976. (7) Bahoken, J.C., Clairières métaphysiques africaines, Paris, Présence Africaine, 1967. (8) Ndaw, Alassane, La pensée africaine, Dakar, NEA, 1979.
 

2. Cours d'Epistémologie des sciences de la culture, Cycle de doctorat-Philosophie

Texte de base : Jean-C. Kapumba Akenda, Les Sciences entre Nature et Culture. L'unité dans la Diversité, Paris, Editions Dianoïa, 2012.
 
Les étudiants exposeront les différents chapitres de l'ouvrage en faisant ressortir les questions fondamentales dont s'occupe une philosophie des sciences de la culture.
 

3. Séminaire d'Etudes approfondies de philosophie des sciences, Doctorat-Philosophie

Texte de base : Ernst Cassirer, La théorie de la relativité d'Einstein. Eléments pour une théorie de la connaissance, traduction et présentation de Jean Seidengart, Paris, Cerf, 2000.
 
Cassirer tente de dégager, dans les deux théories de la relativité d'Einstein, les éléments qui justifient la fécondité de la philosophie transcendantale de Kant. Un des éléments auquel revient Cassirer est la théorie de l'incorporation dont la théorie prototype est la théorie de la relativité. Le séminaire a pour but de relever la portée de la théorie de l'incorporation aussi bien pour l'histoire des sciences ( et donc pour la philosophie des sciences) que pour la philosophie de la culture sans recourir nécessairement à Kant comme le fait Cassirer.